procréation et conjugalité
alors voilà où j'en suis côté procréation.
j'ai rencontré ma gynéco jeudi dernier, qui m'a dit qu'en tant que célibataire je n'avais pas droit à un don de sperme même tout simple. elle m'a indiqué le nom d'une clinique qui le fait en espagne (où c'est légal), en me disant qu'on lui avait dit que ça coûtait 7000euros.
j'étais prête à sortir une somme assez importante, mais là, non, c'est sûr, d'autant qu'il faut prévoir le voyage et un logement sur place, et c'est pas rien.
j'ai envoyé un email pour obtenir des informations supplémentaires dans cette clinique: il m'a été répondu que cela coûtait 1400 euros pour une seule insémination, qu'il y ait une stimulation hormonale ou non. en outre, il m'est demandé des tas d'examens médicaux, et il faudra que je m'y rende deux fois au moins. je verrai donc.
la gynéco m'avait surtout déculpabilisée pour le cas où j'aurais l'idée de "piquer" du sperme à mon ex. j'ai repris contact avec lui, il m'a dit au téléphone qu'il était partant (non pour faire un môme car il n'en a évidemment pas été question, mais pour s'entrainer), mais je n'ai toujours pas de nouvelles de lui, et il se peut qu'il ne m'en donne pas beaucoup, et qu'il se détache peu à peu car il répond de moins en moins promptement. ça fait longtemps qu'on galère côté relationnel, même si côté fesses c'est toujours aussi délicieux, et vu qu'apparemment il déprime, et que surtout, il est pas du genre à dire "non", mais plutôt à faire comprendre les choses vaguement (ce qui ne me convient pas puisque je ne comprends que ce qui est franc, direct, clair et sans aucune ambiguité), il se peut que je ne le vois pas avant un moment. là, ça fait déjà une semaine que j'ai repris contact, je lui ai laissé la main et il n'a toujours pas rappelé. avant il m'aurait appelée dès le lendemain, et au pire, dans les deux jours.
bref, de toute façon je ne compte pas complètement sur lui.
hier j'ai vu la "conseillère conjugale", qui m'a confirmé ce que m'a dit la gynéco, m'a répété qu'elle ne pouvait rien pour moi, mais a quand même tenu à connaître mes motivations, m'a posé toutes les questions qui fâchent. rien ne m'a déstabilisée, car elle l'a fait avec douceur, et de toute façon avec tout ce que j'avais pris dans la figure de mes copines et de la psychomot, j'avais réponse à tout, ou presque. ça m'a mêmeparu facile, et je souriais à chaque fois qu'elle me disait "pardonnez moi de vous poser cette question un peu dure mais est-ce que...(blabla)". si mes copines avaient pu me parler comme ça, ça m'aurait évité pas mal de mal au bide.
évidemment, ma situation n'est pas idéale et j'en ai bien conscience. je ne suis pas tout à fait sûre de moi, d'ailleurs, mais ça c'est plutôt chronique chez moi, et ça se pose donc toujours avec plus d'acuité pour les sujets graves.
ce qui me motive avant tout, c'est que d'une part j'ai très envie de fonder une famille (et pour moi, le plus important dans une famille, ce n'est pas le couple, mais les enfants; même si j'aurais évidemment préféré que ça commence par le couple), et d'autre part, je sais que je vais en baver grave si je n'ai pas d'enfant, car je ne me pardonnerai jamais de ne pas avoir guéri "assez tôt" pour cela. ou alors, il faudrait que je ne guérisse jamais; là, j'arriverai à ne pas m'en vouloir de ne pas avoir eu d'enfants.
seulement voilà, depuis avril dernier, je suis entre deux, donc à la limite, j'ai presque pas le "choix" en fait...
elle m'a posé la question de l'adoption, je lui ai répondu que c'était ridicule d'adopter alors que la machine a l'air de fonctionner encore, et que de toute façon, l'adoption, c'est autre chose. j'ai conclus en disant que l'adoption, je la prévoyais pour le troisième (pour le cas évidemment où je m'en sors bien avec le ou les premiers et où j'ai le courage et l'envie).
j'ai oublié d'ajouter que adopté ou non, je n'avais pas envie de commencer trop tard, car un enfant c'est très fatiguant, et je me sens déjà presque trop vieille pour en assumer un, et a fortiori plusieurs (qu'il soit adopté ou non)
de toute façon, je sens que j'ai besoin de la maturation inhérente à la grossesse, au moins pour le premier.
puis elle m'a fait faire le tour des problèmes familiaux, posé des questions sur mes grand mère, ma mère, dit la même chose (mais gentiment) que la psychomot: qu'un enfant, ça remue psychiquement plein de choses. je lui ai répondu que j'avais tellement souffert, que je ne voyais pas comment je pouvais ne pas "triompher" (modestement) de ces choses. elle m'a dit que si je me trompais ça pouvait conduire au suicide, et je lui ai dit que dans ces cas là et bien tant pis je me suiciderai. mais j'ai insisté sur le fait qu'il y avait une chance sur 10000 pour que ça arrive, et qu'il faut savoir prendre des risques dans la vie, du moment qu'ils sont cohérents, ce qui me paraît être le cas.
à la fin, elle m'a dit que si je menais mon projet jusqu'à son terme, elle me suivrait si je le souhaitais. j'ai pris la mesure de ce que cette aide pourrait m'être extrêmement précieuse, l'ai remerciée, et lui ai dit qu'en effet, je ne me priverais pas de son soutien si besoin.
par ailleurs, je dois revoir LJ bientôt, et on va voir si j'arrive à lui en reparler ou non.
Il faut savoir que LJ acceptetait d'être papa (il a 50 ans, pas de famille et pas d'enfants), mais à condition qu'on couche ensemble, même s'il ne me l'a pas dit de cette façon, c'était quand même assez clair; et moi j'ai pas envie.
alors pourquoi ne pas me forcer me direz vous? parce que je l'aime beaucoup, et que cela a des conséquences.
si je devais jouer la comédie, d'abord je me détesterais profondément de faire ça, mais surtout, cela modifierait irrémédiablement nos relations sur le fond, et je ne le souhaite pas du tout, je les trouve très bien comme ça nos relations, et j'y tiens énormément. si je ne jouais pas la comédie, c'est lui qui ne pourrait pas! et là encore ça modifierait nos relations de façon très négative (je ne vois pas comment il pourrait le vivre bien).
comme je disais, je pourrais me faire baiser par un inconnu, sauf que là, y a le risque qu'il ne soit pas sain. là, la conseillère m'a beaucoup surpris et dit quelque chose que je trouve assez grave: elle m'a dit qu'il n'y avait quasiment plus de chance pour que je chope le virus du vih. alors que depuis que j'ai débuté ma vie sexuelle, on me répète le contraire: sortez couverts etc.
j'ai coupé court à la polémique en lui disant que depuis trop peu de temps j'avais plus envie de me foutre en l'air, et que c'était pas pour prendre le risque de m'inoculer le vih. que j'étais prête à certaines choses pour avoir un enfant, mais certainement pas à prendre le risque de choper une maladie mortelle.
de toute façon, je ne tomberai jamais enceinte du premier coup, et ça veut dire qu'il vaut mieux que je trouve un moyen acceptable pour y parvenir.
je pense que je vais peut-être essayer d'aller traîner sur des forums d'homo, je ne serais pas surprise qu'il existe des réseaux officieux, mais néanmoins fiable.
je suis pas du tout douée pour ce genre de choses, je ne sais pas si j'y arriverai car je vais me sentir très, très mal à l'aise, d'autant plus que j'ai eu à faire par le passé à des homosexuelles (n'allez pas vous imaginer des je ne sais quoi hein), et que ça s'était très mal passé pour moi.
on verra si j'en trouve le courage.
d'ici là, j'ai laissé un message sur le site du planning familial au cas où. je présume qu'ils ne pourront rien pour moi, mais on sait jamais.