malentendu

Publié le par Grain de sail

et bien... il m'a encore eue.

parce que je l'ai asticoté, j'ai appris qu'en fait, il n'avait pas su que j'avais appelé jeudi midi, et j'ai appris également qu'il avait répondu à mon texto de vendredi (celui où je lui demandais ce qu'il faisait ce week-end) dès qu'il l'avait reçu.
du coup quand je lui ai écrit "ouais bon ok", il pensait que c'était une réponse à sa réponse (sa réponse qui disait qu'il n'était pas disponible). c'est pour ça qu'il m'a demandé de ne pas être "mauvaise" par la suite, et il est vrai que si j'avais eu sa réponse, j'aurais râlé, mais pas de cette façon là.

bref, c'est la deuxième fois qu'il me fait le coup du téléphone qui marche pas bien, mais je le crois. il m'a dit que j'étais pas la seule, et que ça l'avait mis dans la panade ces derniers temps, que heureusement que certaines personnes l'avaient rappelé parce qu'il n'avait jamais eu leurs messages.

c'est quand même la première fois que la technologie nous fait atteindre des sommets pareils. la dernière fois il n'avait juste pas eu mes messages au moment où je les envoyais, et les avait reçus tous en même temps , en fin de journée (trop tard, j'avais déjà crisé, convaincue qu'il avait pas envie de répondre puisque ça lui arrive quand même ça aussi). il m'avait d'ailleurs appelée dès qu'il les avait reçus.

il m'a fait la réflexion de d'habitude quand je lui ai dit que j'en avais après lui de ne pas répondre à ma question de savoir s'il était disponible ce week-end: "est-ce que j'ai l'habitude de ne pas te répondre?"
effectivement, en général il répond, sauf quand ça lui plaît pas ou qu'il trouve ça inutile. et je dois reconnaître que là-dessus, il est très fort puisqu'il le fait toujours très à propos, et je n'ai rien à dire là-dessus, hormis bien sûr que c'est toujours un peu en deça de ce que je souhaiterais. cela m'apporte d'ailleurs des repères solides qui me font beaucoup de bien, et ça fait partie de ce qui me fait dire de lui qu'il est "fiable".

bref, après ça je lui ai quand même dit tout ce qui m'embêtait, fait remarquer qu'il avait apparemement pas tant envie de me voir que ça. il m'a fait le couplet du je suis toujours dans le reproche, qui m'horripile car je le trouve très injuste. mais j'ai réussi à retourner les choses, en lui faisant remarquer que j'avais pas d'autres solutions que celle-là, et je lui ai trouvé les arguments.

par exemple, je n'étais toujours pas habillée quand il est arrivé, car au moment où il a téléphoné, j'étais occupée à écrire, et je voulais terminer avant qu'il arrive. je lui ai dit parce que la conversation (gestuelle) s'y prêtait, que je n'en avais pas eu le temps, et il m'a fait remarquer que j'aurais pu puisqu'il était arrivé une demie-heure après m'avoir appelée. je le trouve super gonflé quand il fait ce genre de choses. je lui ai retourné la chose en lui faisant remarquer que j'étais occupée et que je voulais terminer ce que je faisais, ce qui était légitime, et que s'il m'avait prévenu dès vendredi, ce ne serait pas arrivé. je lui ai dit que typiquement il me mettait dans ce genre de circonstances et que si j'avais le malheur de râler ou de demander que ça se passe autrement, c'était moi la méchante qui faisait des reproches à l'autre. il m'a répondu qu'effectivement il avait pas prévu qu'on se voit car il avait pas le temps, mais qu'il s'était débrouillé pour trouver un créneau (et c'est lui le héros d'avoir dégagé une heure pour me voir bien sûr)

mais en fait, ce mécanisme pervers, je l'ai débusqué depuis très longtemps chez lui (mettre les autres en position de, puis leur reprocher de ne pas s'en satisfaire après ou bien leur reprocher de faire des reproches), je m'aperçois qu'il a du mal, mais que parfois il l'entend un peu.

en tout cas, je lui ai posé beaucoup de questions, il a à peu près accepté d'y répondre, et j'ai fait passer beaucoup de messages. le point sur lequel on s'est "accroché", c'est un truc récurrent. il essaie toujours de me faire croire qu'il m'apprécie pour autre chose que pour mes fesses, mais il n'empêche que chaque fois qu'il vient, on baise, et on fait rien d'autre, que pour moi c'est un signe qui ne trompe pas. il a contesté, j'ai répondu que les seules fois où on baisait pas c'est quand je lui faisais des scènes (et encore), et qu'elles étaient rarement imméritées. il a accepté l'argument mais a considéré qu'il n'y avait pas de problème. alors je lui ai parlé de preuves, de fleurs, de restaurant, etc. comme d'hab il en a ri, comme si porter des fleurs était une preuve (il a pas tort mais bon, j'ai même pas réussi à placer que ça faisait plaisir de temps en temps), puis m'a demandé en plaisantant si le fait d'aller au restau changerait quelque chose, et est-ce que ce serait plus une preuve si on baisait avant ou plutôt après.
moi, quand on aborde ces sujets là, j'ai un peu de mal à rire tant que j'ai pas eu un minimum de réponse. mais là, j'ai laissé filer, car j'ai eu l'impression qu'il entendait une milliseconde de ce que je disais, et je sais à quel point il est essentiel de ne pas charger la mule: je me suis trop braquée sur trop de choses pour ne pas savoir qu'il y a des choses qui ne sont pas audibles quand elles sont entendues à des intervalles trop courtes.

petite anecdote: peu après qu'il soit arrivé, mon téléphone a sonné, c'était la sonnerie de marc. sa sonnerie à lui, c'est la chanson de michel fugain (un beau roman). marc, ça fait plus d'un an que j'ai pas de nouvelles, j'ai vu qu'il avait essayé d'appeler l'autre jour, mais je n'avais pas entendu la sonnerie et il n'avait pas laissé de message, et je ne me suis pas sentie de le rappeler, car j'ai été trop pressante avec lui par le passé, et il valait mieux que je le laisse revenir s'il le souhaitait, pour ne pas être trop lourde.

j'étais tellement surprise et contente qu'il m'appelle que je n'ai pu réprimer un grand sourire, puis je me suis rendu compte que je me trahissais (vu la chanson), et j'ai regardé jd, et, gênée, j'ai balbutié bêtement: "mais c'est pas possible, vous vous êtes donné le mot ou quoi?" précisant que ça faisait plus de six mois que je n'avais pas eu de nouvelles.
il est vrai que c'est le seul mec avec qui j'ai couché depuis que je connais jd, et je le lui avais dit.
j'ai hésité à répondre, et j'ai choisi de ne pas le faire finalement, avec beaucoup de regrets mais par égard pour jd.
il faut dire que si j'ai pas du tout aimé coucher avec marc, c'est quand même un mec que j'aime vraiment beaucoup, et pour qui j'ai beaucoup de tendresse, c'est une longue histoire.
alors j'ai rassuré jd sur ce point, lui ai expliqué de qui il s'agissait, et quand il m'a demandé si je le revoyais, je lui ai dit que non, en tout cas pas pour coucher avec. de toute façon, marc est marié, et il a deux enfants, donc ces bestiaux, moi, j'y touche plus.
il s'est moqué de moi et j'ai répondu que je m'étais déjà faite avoir une fois, que j'arrivais pas à m'en sortir, alors ue maintenant, j'évite.
(en fait, si j'ai fait un écart avec lui y a un an, c'était juste parce que ça faisait 16 ans que j'attendais ça, et rien d'autre, mais justement, c'étiat un ratage de mon côté - pas du sien apparemement mais bon... les hommes et les femmes on n'est pas foutus pareil hein).

bref. tout ça pour dire qu'à ce moment, alors que jd me demandait si j'avais quelqu'un d'autre dans ma vie que lui, je me suis écriée que non bien sûr, sinon il ne serait pas là, d'un air de dire qu'il me tardait que d'une chose précisément, c'était de rencontrer quelqu'un d'autre. ce qui est embêtant, c'est que c'est vraiment sorti du fond du coeur, et que j'ai dû le répéter trois fois avant de me rendre compte que j'aimerais pas du tout qu'on me dise ça sur ce ton là. heureusement, j'ai précisé deux fois que je disais ça à cause de la relation qu'on avait, mais j'ai pas réussi à placer autre chose après m'être rendu compte que c'était désobligeant (et tellement vrai pourtant), il était déjà passé à autre chose. de toute façon lui est avec quelqu'un donc il serait bien gonflé de le prendre trop mal. et puis au fond, ça devrait plutôt le rassurer: ça veut dire que je suis pas du genre infidèle, moi.

et puis je suis contente aussi car j'ai pu apprendre qu'il ne serait pas à la rencontre interclub de demain sans lui dire que j'y allais (en fait il m'a dit qu'il avait une assemblée générale toute la journée, donc il ne sera forcément pas là). je ne lui ai pas parlé non plus de mes projets de maternité, et ça, ce serait  bien que j'évite, j'espère que je saurai tenir ma langue, et je sais que je ferai tout pour (en même temps c'est fastoche tellement ils sont en berne en ce moment du fait de la trêve de février-mars :-( )

on a un peu parlé de son mal-être. apparemment il est en train de faire une sacrée dépression. j'ai réussi à comprendre quelques uns de ses "symptômes", à lui faire dire une phrase sur son médecin et sur les antidépresseur qu'il prenait depuis peu (et qu'il avait oublié depuis deux jours déjà, truc à surtout pas faire).
puis à un moment (plus tard, lors d'une autre conversation), il m'a clairement dit que le peu qu'il avait dit c'était vraiment énorme et qu'il ne pouvait pas parler de ces choses là.
c'est pas la première fois qu'il me dit à quel point il est bloqué dès qu'il s'agit d'exprimer son tréfond ou ses émotions. à un moment où je m'y attendais pas car on parlait quasiment d'autre chose, il s'est un peu agacé en me disant que je me rendais pas compte de ce que c'était pour lui. j'ai immédiatement arrêté.
il m'a dit quelque chose comme "je veux pas en parler, c'est trop terrible et je veux pas replonger dedans en en parlant", ou quelque chose comme ça.
je n'ai rien dit, mais je me suis dit que c'était surprenant avec tout ce que je lui ai dit de mes mal être qu'il ne se rende pas compte que j'avais vécu des choses similaires (étant entendu qu'elles ont chacune leur particularité). en même temps, je suis à peu près sûre que personne ne peut croire à quel point j'ai souffert sur de si longues années sans jamais m'être foutue en l'air. de toute façon, la souffrance, ça ne se mesure pas. au mieux, ça peut se reconnaître, et là, il est clair qu'il en a bavé violemment. m'est avis que ce qu'il supporte le moins, c'est l'absence de raison objective à cela, et c"est un des aspect qui renforce assez vicieusement les choses.
en fait, c'est un truc que je redirai sûrement très souvent, maintenant que je vais mieux, je n'arrive pas à comprendre comment j'ai tenu le coup. en fait, c'est pas une question de courage, mais une question d'obligation. je me demande si mon rêve de l'autre jour, qui m'a rappelé cette souffrance n'était pas une excellente chose: il ne faut jamais que je l'oublie, ni jamais que j'oublie les conséquences et les émotions de ces atrocités psychiques.
c'est aussi une question de reconnaissance, car je suis tout à fait sûre de ne pas être la seule à avoir vécu des atrocités de ce genre sur une durée aussi longue. y en a chez qui c'est toute la vie, et je me suis toujours crié que je ne voulais pas queça dure toute ma vie. j'ai toujours espéré que je connaîtrais vraiment le bonheur, le vrai, même s'il ne dure que dix minutes, et qu'il arrive quand j'ai 70 ans. le ressenti au fond des tripes, celui quand on est bien là au moment bien présent, à fond. je sais que je ne le connais pas celui-là et que c'est pour ça que même mes orgasmes ne me retiennent pas à la vie. parce que je suis toujours un peu ailleurs de toute façon.

wow bon bref.
il va mal, il a réussi à me le dire, et il a réussi à ajouter que c'était violent pour lui de le dire.
et moi, je suis contente qu'on se revoit, de lui avoir dit qu'on se voyait trop peu (on a même plaisanté sur notre "statut" d'amant-maîtresse tellement on se voit peu, jugez plutôt, la dernière fois c'était en novembre...), et de savoir que non, il ne m'avait pas "pas répondu". c'est bête, mais c'est important pour moi ça.

après qu'il soit parti, je lui ai envoyé un texto pour lui dire encore et toujours à quel point c'était important pour moi qu'on parle, et que ça me faisait beaucoup de bien. il m'a répondu par une bise immédiatement.

y a plus qu'à espérer que je n'y mette pas trop de choses, et que je ne m'emballe pas trop. pour l'instant, je sens que l'équilibre est bon. je ne suis pas trop emballée, et pas trop peu non plus. je recommence à avoir doucement envie de le voir, et j'espère que son emploi du temps de mec overbooké en permanence va pas trop me saper le moral.
j'espère conserver cet équilibre que je sens, là, à l'instant où j'écris.

et je vais lui envoyer un petit email je pense bientôt, pour lui indiquer le fonctionnement général des antidépresseurs, car m'est avis, vu la façon dont il en a parlé, qu'il risque de se faire du mal à prendre puis arrêter le traitement de façon irrégulière... la seule chose qui me rassure dans tout ça, ce sont ses enfants, qu'il investit d'ailleurs beaucoup trop à mon sens. c'est bien de s'investir, mais lui, on sent qu'il y a de l'excès, pour ne pas dire du pathos je trouve...
pourquoi est-ce que chaque fois qu'il repart j'ai l'impression qu'il est vraiment content / soulagé de m'avoir vue? oué ok soulagé, c'est normal. ahem... pourtant moi, j'ai encore pas eu d'orgasme, mais c'est normal. comme je pensais pas le voir, je me suis fait plaisir deux heures avant qu'il arrive! de sorte qu'il fallait plus de temps pour réactiver la machine. et je le lui ai dit, comme ça, avec un peu de chance, la prochaine fois, il se débrouillera pour me prévenir avant. c'est la deuxième fois que ça arrive, j'espère qu'il va finir par intégrer que ça se fait pas de prévenir juste une demie-heure avant d'arriver.

parfois je me dis qu'il est vraiment gonflé égoiste et lache comme type et surtout, il s'en rend pas du tout compte. parfois je me dis que c'est peut-être moi qui suis trop exigeante. j'ai du mal à me situer, mais je crois qu'il est quand même très gonflé et qu'il ne s'en rend pas compte car il essaie de faire vraiment du mieux qu'il peut, du coup, il doit pas comprendre que ça puisse ne pas être bien.

bon, mais si déjà je parviens à rester dans l'état d'esprit dans lequel je suis, ça devrait aller, que ce soit dans un sens ou dans l'autre. prions pour que l'équilibre soit conservé.


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Publié dans Senti-mental

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