voyance

Publié le par Grain de sail

je me suis lancée. moyennant 15 euros, j'ai posé la question par email à un voyant de savoir si j'allais avoir des enfants ou non.
en fait, depuis que j'ai "retrouvé" ce voyant, j'ai envie de lui poser deux questions: au sujet de jd (même si je connais la réponse au fond de moi), et au sujet des enfants (comme je suis dans le doute, ça me permettrait peut-être d'y voir plus clair).
je ne sais pas très bien ce que cela changera d'avoir une réponse. d'autant que je sais que tout est relatif, et qu'une réponse de voyant n'est pas fiable à 100%. ça donne juste une indication, un possible, ou un peu probable, et encore...

en fait, ça fait plusieurs mois que j'ai envie d'avoir recours à un voyant, peut-être même plusieurs années, sauf que c'est uniquement par moments, et jamais "violent". mais c'est plus fort depuis que je vais mieux, et que j'ai parfois quelques espoirs quant à mon avenir, même si je m'efforce de ne pas y penser justement, parce que le plus souvent, c'est quand même le sombre qui l'emporte.

j'ai envoyé ma question hier aux alentours de minuit/une heure. j'aurai donc ma réponse probablement lundi soir, puisqu'un délai de 48h est demandé.

je me demande s'il va me reconnaître, car je l'ai rencontré il y a plus de dix ans, une ou deux fois, et il demande systématiquement le prénom et la date de naissance. Or les miens sont assez peu communs.

voilà l'histoire: il y a dix/douze ans, je bossais au palais de justice (un contrat de merde, mais un boulot très intéressant), et avec mes collègues, nous allions parfois prendre un café au troquet d'à côté. Et comme je parle facilement avec les gens et que mes collègues n'étaient pas toujours présentes, il m'arrivait régulièrement de discuter ici ou là, et je suis tombée sur ce voyant. quand je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie, il n'osait pas trop répondre, puis s'est lancé. or il se trouve que j'avais connu une fille qui disait avoir des dons de voyancetrès peu de temps auparavant, et avec qui j'avais très longuement discuté, car cela m'intrigue énormément.
Logique: mes parents m'ont toujours enjoint de ne jamais écouter ces gens là, que c'étaient tous des charlatans, et quand on avait le malheur d'essayer de dire qu'il y avait peut-être à boire et à manger dedans, la réponse était catégorique: non ils sont dangereux, faut jamais les écouter, ce sont tous des escrocs. Je me rappelle que le discours était aussi rigide chez mon père (un scientifique pur et dur) que chez ma mère (pourtant beaucoup plus ouverte à ce genre de choses).

Bref, moi j'avais voulu faire mon expérience, et je l'avais faite. en 1994 pour être exacte, à un moment où j'avais une décision à prendre et où j'étais absolument incapable de me décider, tiraillée entre essayer de me faire plaisir (une occasion qui ne se représenterait probablement jamais), et le devoir (si je ne le remplissais pas, mon avenir serait possiblement hypothéqué).
elle m'avait dit plein de choses, qui ne s'étaient pas forcément révélées justes, et qui étaient tellement générales que de toute façon, il y avait de fortes chances pour qu'elles se produisent un jour.

pêle-mêle, ma grand-mère allait être très malade mais allait s'en sortir (c'était vrai, sauf que je suis pas sûre que c'était grave au début, et que ça l'a quand même tuée au bout de six ans; disons pour être exacte qu'on a cru à un cancer, ça ne l'était pas, ouf (donc prédiction juste) mais ce qu'elle avait, on n'a jamais su exactement ce que c'était, et elle en est morte au bout de six ans donc), qu'un couple d'amis allait divorcer (qui n'a pas de couples d'amis qui divorcent? d'ailleurs, j'ai même pas vraiment trouvé de qui elle parlait, il y en a eu deux, dont l'un n'était pas encore marié quand je l'ai vue si ma mémoire est bonne), que j'allais rencontrer l'homme de ma vie dans le cadre de mon travail (on peut mieux comme généralité? de toute façon, c'est faux, puisque ses prédictions n'étaient valables, soi disant, que sur deux ou trois ans), et enfin, quand je lui disais que j'étais pas très bien, que j'avais des difficultés à travailler etc, et que j'étais éperdument seule, elle m'avait répondu qu'elle ne comprenait pas pourquoi, et que les hommes se bousculaient au portillon. j'étais restée interdite, j'ai même cherché un nom, en essayant d'imaginer qui, parmi mes amis, voulait sortir avec moi, mais j'ai rien trouvé ou rien qui me paraisse réellement crédible. elle m'a répondu que c'est parce que je ne les voyais pas mais qu'ils étaient là, et plusieurs.

mais ça, c'était après, après que je lui pose ma fameuse question.
Car par contre, elle m'a aidée là-dessus, à prendre une décision.
je voulais savoir si je devais partir en vacances faire le tour de l'europe avec ma copine (ça faisait plusieurs années que je voulais le faire mais qu'à chaque fois il y avait un obstacle: copine pas dispo, ou pas de thunes), étant entendu que j'en étais vers la fin de mes études, et que les étés-vacances à rallonge, avec les copains disponibles, il n'y en aurait plus beaucoup.

Seulement voilà, je venais de rater ma maîtrise. la deuxième session était en septembre, mais si je partais en vacances, j'aurais moins de trois semaines pour réviser, ce qui me paraissait trop peu pour y arriver, surtout avec un voyage d'un mois dans les pattes. or, si je ratais mes exams, ça voulait dire redoublement, et ça voulait dire pas de troisième cycle puisqu'ils ne prennent que les meilleurs élèves (or j'avais déjà un dossier pas terrible par rapport aux autres).
donc, au moment où je suis arrivée, pleine de méfiance à cause de ce que mes parents m'avaient dit, je lui ai dit que j'avais une question, à laquelle elle pouvait répondre par oui ou par non, et que je voulais juste un oui ou un non, sans rien lui dire de plus.

elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas travailler comme ça et qu'il lui fallait davantage de précisions. je lui ai dit que je voulais savoir si j'allais avoir mon exam ou pas. là encore elle n'a pas répondu directement. elle m'a dit un truc étrange. elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas me certifier que je l'aurais, qu'elle n'en savait rien, mais que par contre, elle voyait une lettre, qui arriverait chez moi, avec une réponse positive; un truc que j'attendais depuis longtemps, important pour moi, donc.

or les résultats des exams, à la fac, ne sont pas envoyés, mais affichés. Je ne comprenais donc rien à ce qu'elle me disait, car sa réponse ne correspondait pas à la question.
du coup, je lui ai carrément posé le problème: exams ou voyage? là, elle n'a pas hésité une seconde, et elle a même insisté pour le voyage. elle m'a dit que c'était important que je parte.

Evidemment, aujourd'hui, je pense que je n'hésiterais pas non plus. parce que je vois la vie différemment, parce que j'ai compris que le salut d'une âme ne se trouvait pas dans les diplômes contrairement à ce dans quoi j'avais été élevée. je ne renie pas pour autant mes diplômes dont je suis aussi contente que soulagée (surtout les difficultés que j'ai eues pour les obtenir, je peux même dire que c'est phénoménal que j'aie réussi à les avoir, et je me saupoudre toujours de prétention en disant que vu mon état psychique, il aura fallu que je sois réellement intelligente pour les avoir, car ce n'est certainement pas ma capacité de concentration qui me l'aura permis).

mais à l'époque, c'était une véritable révolution pour moi, que de partir en voyage alors que je n'avais pas ma maîtrise et qu'une session de rattrapage m'attendait. je savais que mes parents y seraient opposés (d'ailleurs, je ne me rappelle plus vraiment de leur réaction, je me rappelle juste que je leur ai dit que j'avais économisé de quoi me payer ce voyage, et que je me fichais de leur avis, ah si, je me rappelle que mon père ne voulait pas que je parte parce qu'il avait peur qu'il m'arrive quelque chose, mais au sujet du fait que j'avais pas ma maîtrise je me rappelle plus ce qu'ils ont dit).
je suis partie donc, et on en a bavé question finances car 5000 francs pour un mois de voyage, billets de train compris, croyez moi, c'est très peu. d'ailleurs, le billet de train nous a coûté exactement la moitié, soit 2500 francs (c'était un billet "interrail" qui permettait de sillonner l'europe pendant un mois, sortie de france non comprise). on a souvent dormi dehors et mangé des pâtes! peu importe, c'était inoubliable.

j'ai choisi de l'écouter donc, car je me représentais le calvaire que j'allais vivre (d'autant que les révisions se passaient en famille pendant les vacances bien sûr; j'avais déjà vécu ça en deuxième année, et j'en avais conservé un souvenir extrêmement pénible). et puis je ne me départissais pas du fait qu'un voyage comme ça, je n'aurais peut-être plus jamais l'occasion d'en faire, et que je voulais avoir vécu ça.

j'ai donc décidé de partir et oui, j'ai bien fait de partir.
d'abord parce que le voyage était extraordinaire, un souvenir que l'on garde toute une vie. pas seulement le souvenir, l'expérience aussi. essentiel, je trouve.
ensuite parce que quinze jour après mon retour (donc une semaine avant les exams), j'apprenais le décès d'une de mes meilleures amies, qui me manque encore cruellement aujourd'hui.

alors c'est quoi cette histoire d'enveloppe me direz vous?
je n'ai pas eu mes exams. j'ai repassé ma maîtrise l'année suivante, que je ne l'ai même pas eue avec mention. l'année d'après, je suis partie en suède, dans le cadre d'une maîtrise complémentaire erasmus, et là-bas, j'ai appris qu'une lettre était arrivée chez moi... pour me dire que j'étais acceptée en troisième cycle.
je rêvais, depuis ma toute première année de fac, de faire un DEA de droit pénal et sciences criminelles, et Ô miracle, j'étais prise! j'avais fait une demande sans y croire (sur le principe du 100% des gagnants ont joué), j'avais même rédigé ma lettre de motivation entre deux portes, dix minutes chrono en main mais il est vrai, avec tout mon coeur.

c'est entre autres pour cela que je ne rejette pas en bloc tout ce que disent les voyants. car cette histoire d'enveloppe, il fallait quand même aller la chercher, elle avait été assez précise (réponse positive / que j'attendais depuis longtemps) même si cette précision ne m'avait pas aidée en tant que tel sur le moment.
Surtout, elle avait su me dire de partir. et contrairement à ce qu'on a pu me dire par la suite, je trouve que c'est faux de dire qu'on reçoit régulièrement des réponses positives par courrier, de choses qu'on attend depuis longtemps. C'est peut-être un peu vrai quand on est adulte, installé dans la vie, ça ne l'est pas quand on est étudiant. d'ailleurs, ce n'est que lorsque j'ai reçu la réponse (deux ans plus tard donc), que j'ai compris ce que m'avait dit cette voyante.

mais il n'y a pas que cela qui fait que j'ai une certaine confiance (qui reste relative et c'est important je crois) en la voyance. il y a aussi Sandra, qui m'a raconté par le menu ce qu'elle ressentait, ce qu'elle voyait, comment cela se manifestait pour elle, ce qu'elle pouvait en faire (ou pas), ce que cela provoquait en elle, et de l'énergie phénoménale que cela pompait en elle. toujours exténuée après avoir tiré les cartes m'avait-elle dit. elle ne se faisait pas payer elle, elle ne le faisait que pour les copines, mais à chaque fois, ça l'épuisait complètement.

là encore, il ressort de toutes ces conversations, ainsi que des cartes qu'elle m'a tirées (j'oublierai jamais qu'elle me voyait quand même avec un maillot bleu aux jeux olympiques de sydney!), des choses qui me parlent, des choses qui étaient sincères, car elle n'avait aucune raison de me mentir, mais également des choses saugrenues, qui correspondent sans doute à des désirs, et non à la réalité.

bref, je me dis que si on traite les flash/cartes de voyance comme les rêves ou comme un test de rochsach, c'est-à-dire qu'on y voit ce qui nous parle, ce qui nous anime, cela peut ouvrir des perspectives, ou bien rassénérer certaines choses, ou encore aider à faire le deuil d'autres choses.
comme si on avait une sorte de repère supplémentaire, un avis extérieur, de la part d'une personne qui n'a pas la science infuse, mais qui est capable de sentir certaines choses.

Je présume que cela peut perturber aussi, et c'est pour ça qu'il y a des périodes, pour ce qui me concerne, où je n'ai pas envie d'y avoir recours.
et puis un autre écueil, c'est quand on est trop suggestible, et qu'on ne sait pas se battre contre ça. je sais que je suis parfois très suggestible, surtout dans les moments d'effondrement psychique (qui restent malgré les fleurs de bach même s'ils sont moins forts). bref, un outil à utiliser avec modération.




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Publié dans Senti-mental

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