Samedi 18 avril 2009, 7h23.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas écrit ici (ndlr sur un fichier que j'utilise pour me défouler quand j'ai besoin d'écrire), seulement voilà: là où je suis, il n'y a pas internet, alors je ne peux pas me défouler sur mon blog.
Hier soir, on était au resto avec Cl et El, et on s'est bien marrées. Seulement voilà, je me suis sentie lourde (et je l'ai été à la fin avec le mot qu'on a laissé au serveur), et là, je me déteste. J'ai cassé du sucre sur le dos de J, pour me fondre dans l'ambiance (les filles aiment bien casser du mec, surtout El, mais là elle était pas d'humeur, alors j'étais en décalage complet, d'autant que je trouve qu'il ne l'a pas mérité, du moins pas à ce point, parce que c'est quand même un gros con de me faire la tête et de pas avoir les c... d'en parler si ça lui pose problème. C'est surtout un gros con de me faire la leçon là où je ne la demande pas et d'insister, là où je lui dis que je ne peux pas.
Seulement, en racontant ça, j'ai pas réalisé que les filles ne pouvaient pas y être sensibles, puisqu'elles partent du principe elles aussi que quand on veut on peut, et elles sont dans cet état d'esprit, partagé par 99,9999% des gens. Qui ne comprennent pas qu'il y a des choses, des connexions qui ne se font pas dans certains cerveaux.
Et puis j'ai été lourde aussi quand j'ai parlé du weight watchers à El. Elle s'est inscrite à ce programme, et peu après s'est remise à fumer alors qu'elle avait arrêté depuis plusieurs mois. Sauf que je l'ai taquinée à un moment où elle mangeait de la mayonnaise, et je ne me suis pas rendu compte de tout le conflit interne que c'était pour elle. Déjà sur la défensive, je ne me suis rendu compte qu'elle l'était que lorsque je lui ai demandé pourquoi elle faisait tout en même temps, plutôt que de décaler les choses dans le temps, que c'était sûrement pour ça que ça marchait pas. Je ne sais plus ce qu'elle a dit, mais elle était d'emblée opposée à cette idée, et c'est là que j'ai compris que depuis cinq minutes elle était sur la défensive et me détestais (façon de parler) de tout ce que je disais, qu'elle vivait comme une agression.
D'ailleurs, elle m'a chopée sur ma mère de façon que j'ai trouvée injuste peu après, et j'ai pas compris pourquoi elle me disait ça (elle me disait que je disais à ma mère beaucoup plus de choses qu'elle, ce qui est clairement pas possible). Il était question en fait du voisin (ndlr: on a passé le week-end dans la maison de vacances familiale), j'en avais parlé à ma mère - en lui donnant des nouvelles, puisque c'est elle qui nous prête la maison -, en espérant glaner des renseignements à son sujet puisqu'on en avait beaucoup ri avec les filles. Puis comme je lui ai posé des questions, je lui ai résumé le contexte (qu'on en avait plaisanté en ajoutant un détail à titre d'exemple), et je me rappelle que ma mère m'avait fait une réflexion. Sauf que si la réflexion pouvait laisser supposer que j'en avais dit beaucoup, ce n'était précisément pas le cas, et cela résume très bien d'ailleurs toute l'intrusion dont ma mère est capable sans même s'en rendre compte (en explorant des pistes qu'on ne lui a pas présentées, et en appelant une réponse; il se peut que, sans le vouloir, je fasse la même chose, mais je me démarque car dès qu'on me dit que c'est perso ou indiscret, je l'accepte ipso facto, ce qui n'est pas le cas de ma mère).
Bref, en rentrant le soir, tous ces petits moments me sont revenus à la figure, et je me suis détestée.
J'ai l'impression que mes hormones qui se préparaient à fusionner sont tombées d'un coup, et que c'est peut-être pour ça que je me déteste à ce point. En même temps, c'est vraiment pas grand chose. Je veux dire, avant, quand je me détestais comme ça, c'était comme de la torture (je pèse mes mots). Là, ça fait mal, c'est dur (se détester c'est jamais facile), c'est pénible et douloureux, mais ça reste supportable.
J'aurais dû prendre un lexo. Mais je n'ai pas voulu, toujours parce que je pars du principe que moins on prend de cachets, mieux c'est, et là, c'était pas indispensable. Je me suis dit que j'avais échappé au lexo du vendredi en raison de l'absence de marniac, et que j'avais pas envie d'en prendre un. Pourtant, ça m'aurait fait du bien, c'est sûr, et surtout ça m'aurait permis de pas foutre le bordel dans mon sommeil, parce que là, ça va être compliqué à gérer. J'aurais pu faire une séance de relaxation aussi, et là, ce qui m'en a empêché, c'est que je me sentais pas bien dans mon lit. Car je ne me sens pas bien dans ce lit. Et il se peut que ce soit dans cette chambre. Pourtant,elle a des avantages pratiques certains: vu que j'ai un chien, j'ai besoin d'un petit espace supplémentaire pour sa gamelle, et surtout, j'ai besoin de pouvoir salir la pièce tout en faisant en sorte que le chien puisse rester pas trop loin de nous.
Si je prenais une autre chambre, ce ne serait pas possible.
Je me rendais compte que j'étais pas à l'aise, le chien lui-même n'était pas bien, tout ça parce que j'ai encore oublié de prendre un drap supplémentaire qui fait que j'ai peur que le chien monte sur le lit, que j'ai donc recouverts avec une petite couverture que j'ai trouvée + un paréo. Il se trouve que la couette est immaculée et que ça se verrait immédiatement si le chien y posait la patte.
Et puis j'avais trop chaud, et dès que je me levais j'avais froid, et de toute façon je n'ai jamais aimé ce lit, et je suis en train de négocier avec ma mère pour en mettre un autre (mais bon, vu que je la vois jamais, c'est pas gagné).
Bon et puis j'avais envie de me laver, je me sentais sale (je le suis d'ailleurs, je ne me suis pas lavée depuis jeudi soir). Et je n'ai pas osé parce que je crois me rappeler que ça fait du bruit dans la chambre de Cl, et je veux pas la réveiller.
Bref, quand rien ne va, c'est qu'on est mal soi-même, alors je me suis jetée sur mes fleurs de bach que j'avais oublié de prendre.
Et puis tiens, en rentrant du resto, après avoir fait courir le chien qui piaffait (je ne peux le faire courir que de nuit ici et encore avec une prise de risque), je me suis rendu compte à quel point j'étais « souillon ». Mon blouson qui est déjà en pas très bon état est tout taché de gras au niveau de la manche (on a mangé dehors, car y avait plus de place dans le resto). Et ça fait déjà plusieurs jours que je me dis qu'il faudrait vraiment que j'apprenne à prendre soin de moi, je sais que je n'y arrive pas et que je ne suis pas encore prête pour ça. Ça me renvoit à ma voiture qui est dégueulasse, à ma maison qui me fait honte, et au fait que je ne suis prête à recevoir absolument personne dans ma vie, je veux dire même pas un peu.
En tout cas, dans mon lit, je me suis sentie prête à me séparer (dans ma tête) de J. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que je le fasse tout de suite, et qu'il fallait que j'attende d'être sûre que mes hormones n'allaient pas entrer en fusion dans quelques jours, parce que comme c'est encore fragile, je n'y résisterai pas, et ça fera un quiproquo/incohérence de plus, alors qu'il y en a déjà eu bien trop. Oui parce que même si monsieur me fait la tête, je ne doute pas qu'il reviendrait, si j'insistais un peu. Je me trompe peut-être bien sûr. Tout ça me montre accessoirement à quel point c'est nul, et à quel point je suis détestable. Depuis que je l'ai rappelé en novembre, je passe mon temps à le jeter et le rappeler, mais pas comme avant. Avant, quand je faisais ça, je lui en expliquais systématiquement la raison, et surtout, je souffrais réellement, je vivais les choses très profondément. Maintenant, c'est moins profond, moins douloureux, même si ça l'est toujours quand même. En tout cas, ça ne justifie plus ces allers retours, d'autant que lui est en souffrance, et que c'est un paramètre important à considérer (même si lui ne le faisait pas forcément quand je l'étais moi). Il est donc temps que j'arrête.
Je me piège à chaque fois par les sentiments. Il me dit qu'il en a, et il n'agit pas comme s'il en avait. Alors ça me fout les boules, je me fâche, et ainsi de suite, jusqu'à ce que j'oublie.
Et c'est là qu'on se rend compte que j'ai vraiment pas les choses présentes à l'esprit, et que même quand je les ai, quand je les force, elles n'activent plus la sphère émotion. Protectionnisme?
Alors je me suis levée, j'ai allumé l'ordi, je me suis fait un café, et j'ai allumé une bougie.
Je suis allée chercher un drap que j'avais dans la voiture (j'avais oublié que je l'avais) pour le chien. Il est plein de traces puisqu'il sert au chien, bien sûr, donc il me dégoûte (ça fait vraiment souillon et pas agréable) et me soulage à la fois. Quand je me sens souillon comme ça, ça me renvoit à ma mère. Ça me renvoit à la fois où, quand j'avais 25 ans et que j'avais consenti à faire les magasins avec elle car je cherchais un manteau et je me disais qu'elle m'aiderait, que c'était l'occasion de partager quelque chose, après en avoir essayé un, elle m'a dit, sans aucune méchanceté: « comment tu t'arranges pour avoir l'air d'une clocharde dans ce manteau, alors que sur le cintre, il paraissait joli? ».
ça me renvoit surtout, à quand j'étais petite, et qu'elle me disait sans cesse que je ressemblais à la « folle de chayo », ou que je lui faisais honte parce que je m'étais pas lavée. Je vois encore son dégoût et ses grimaces, et je la déteste quand elle fait ça à mon frère. Je ne la loupe jamais, et je lui rappelle systématiquement que c'est sa honte à elle, et je lui demande pourquoi elle tient tant à la transmettre à son fils. Ça ne manque évidemment pas de créer des tensions, mais j'ai vraiment du mal à laisser passer ça, car je veux montrer à mon frère qu'il y a une autre voie possible; ça nous aurait peut-être sauvés, mon aîné et moi.
Sauf que créer des tensions, c'est parfois pire que laisser ma mère épancher sa honte sur son enfant. C'est pour cela que je renonce à les voir. Ils me sont insupportables, il n'y a jamais moyen d'être en paix.
A ce sujet, mon chien n'a pas touché à sa gamelle. Il me fait le coup à chaque fois qu'on s'en va de la maison...
Il est 8h40, je crois que je vais prendre le risque de réveiller Cl en prenant une douche, ça fait environ 8h qu'elle dort maintenant, je crois que ça lui suffit, et qu'il n'y aura pas péril en la demeure si ça la réveille.
J'espère aussi que je n'ai pas été maladroite l'autre jour en parlant des déjantements de Chaos. Avec tout ce qui s'est passé ce soir, je me dis que j'ai peut-être été maladroite et blessante sans le vouloir.
Tiens d'ailleurs, samedi dernier, au resto avec LJ et XM je me suis rendu compte que je passais mon temps à vexer les gens, même s'ils me le disent gentiment. Je ne comprends pas ce phénomène. Moi, j'ai l'impression de faire les choses doucement, de dire des choses gentilles, ou au moins, pas méchantes, et on dirait qu'en fait, non. Et quand je réfléchis, c'est toujours la même chose qui revient: c'est pas que je suis pas gentille, c'est que je suis intrusive, sans m'en rendre compte, et du coup, ça fait mal aux gens.
Les chiens font pas des chats... Vous auriez pas une corde que j'aille me pendre là, en vitesse?