dimanche.

Publié le par Grain de sail

dimanche matin, je me suis levée aux alentours de 9h30. le rendez vous sur place était à 11h30, il fallait donc partir au plus tard à 10h30, et si possible un peu avant vu qu'on était dimanche et qu'il faisait un temps magnifique.
je suis allée me chercher des choco (pour avant la plongée) et un sandwich (pour après). j'avais oublié d'emporter de l'eau, et ouf, j'ai pensé à en prendre à la boulangerie.

il y avait beaucoup de monde sur la route, et j'ai été ralentie à de nombreuses reprises.

la plongée s'est techniquement très, très bien passée. le moniteur était content de nous, nous nous sommes très bien comportés selon lui. c'est rare qu'un moniteur dise ces choses, en général que ce soit bien ou pas, ils ne disent rien. ça fait plaisir, et c'est très rassurant. il m'a même dit que j'avais eu une excellente idée de poser ma main sur son bras; comme ça, il n'avait pas besoin de me surveiller et de tourner la tête sans arrêt, il savait que j'étais toujours là.

effectivement, moi aussi ça me permet d'arrêter de chercher sans cesse où est le moniteur, et de pouvoir regarder partout ailleurs, de scruter les rochers, sans jamais le chercher du regard et donc me déconcentrer de ce que je fais; de ce point de vue c'est vraiment très, très pratique. l'inconvénient, c'est que je n'ai aucune marge de manoeuvre, puisque par hypothèse, je ne m'éloigne jamais de plus d'une longueur de bras.

je ne le fais pas quand je plonge dans un "aquarium" bien sûr (type mer rouge) car ça n'a pas de sens. mais quand on a une visibilité super pourrie comme c'est le cas dans 85% des cas par chez nous, il vaut mieux faire comme ça, ça évite de se paumer, ou d'avoir le nez constamment sur le moniteur. déjà qu'il n'y a pas grand chose à voir...
pour la première fois quand même, j'ai vu des oeufs de poulpe... je pensais pas du tout que ça ressemblait à ça.

bref, on est restés 33 minutes sous une eau à 14°, j'avais un peu froid à la fin mais ça allait. en tout cas, je suis ressortie avec la banane, car même si on n'avait pas vu grand chose, j'avais ma dose d'air compressé il faut croire, et en tout cas j'avais fait assez de bulles pour me sentir bien.

pourtant, je consomme toujours aussi peu d'air, et c'est très pratique, parce que j'ai compris qu'avec une bouteille qui fait environ 5kg de moins qu'une bouteille moyenne, j'arrive encore à remonter avec de l'air en rab, pendant que les autres ont fini la leur, qui est pourtant d'une plus grande capacité.
et ces 5kg en moins, pour moi, sur la terre, et même sous l'eau en terme de maniabilité, c'est très, très, très important, parce que ça ne me casse pas les jambes en la portant.
c'est que les bouteilles de 12 litres, une fois que je suis en tenue, quand j'arrive au bord de l'eau, j'ai déjà les jambes douloureuses tellement c'est lourd pour moi. là, c'est dur, mais ça va.

bref, cool.

après ça, on est restés sur la plage pour manger. j'ai bavardé avec plusieurs moniteurs, et j'ai appris plein de trucs. je m'aperçois que finalement, j'ai raison d'en faire qu'à ma tête car je n'oublie jamais de prendre en compte ce que disent les autres, c'est juste que j'ajoute ce qu'ils disent à ma sauce, et que donc, le résultat ne correspond pas à ce qu'ils voudraient eux (ou plus exactement certains d'entre eux), mais je m'aperçois que ça correspond à ce qui suffit, et à ce qui me satisfait sans emmerder quiconque. alors les grognons, je les laisse de côté.

quelle progression depuis le début de ma thérapie!
en tout cas, c'était sympa, même si le bémol habituel est de rigueur: je ne me sentais pas très présente, et pas non plus réellement intégrée au groupe.
j'ai senti toutes mes appréhensions à parler à certains (pas à tous heureusement), toutes les choses que je n'ai pas osé dire ou osé accepter (comme les crevettes qu'on m'a proposées par exemple), tous les mots maladroits que j'ai prononcés, il y a donc encore moults chemins à parcourir, mais ça avance. et je me dis qu'au fond, heureusement que J n'est plus dans les parages, car il m'aurait mis la pression pour ces choses, et j'aurais eu des interférences pour y aller à mon rythme.

donc c'est pas gagné, mais ça avance, toujours si lentement, mais si sûrement.

même chose pour ce qui s'est passé après.
je suis rentrée vers 17h environ. après m'être cogné les embouteillages. je n'avais qu'une envie, c'était m'arrêter sur le bas côté car j'avais un petit besoin assez urgent, mais je n'en ai pas eu le courage, j'ai préféré attendre de rentrer.

le chien était ravi de me retrouver, et comme d'hab, il m'avait fait les poubelles. désormais, quand il fait ça, je me fâche, je l'engueule, je fais les gros yeux, je l'amène devant la poubelle en disant "pas toucher" et en le traitant de "vilain" (j'ai bien conscience que c'est débile car ça ne correspond à rien, mais j'ai pas d'autre mot qui me vient à la bouche; ah, l'atavisme...), puis je lui dis de s'en aller. puis quelques minutes après à peine, c'est fini, et je passe à autre chose. il faut dire que les dégâts ne sont pas énormes.

maintenant, chaque fois que je mets un truc dans la poubelle et qu'il est dans mes pattes, je lui montre du doigt en lui rappelant le "pas toucher". il baisse les oreilles et me regarde avec un air craintif, puis je passe à autre chose et le câline peu après.
qui sait à force, ça finira peut-être par avoir un impact...? j'y crois pas trop, mais de toute façon, la méthode dure ne fonctionne pas plus de 48h et me traumatise sans doute autant que lui.

après ça, j'ai rincé mon matériel, mis les serviettes à sécher, mais j'ai décidé de tout faire à mon rythme et sans me presser. alors de temps en temps, je m'arrêtais et m'asseyais sur la marche de la cuisine,  au soleil,  comme un lézard, j'ai un peu joué avec la bestiole, puis peu à peu j'ai fait les choses, à commencer par la  liste des choses à faire.
celles qu'il fallait que je fasse impérativement avant lundi (vaisselle, linge, épilation), et celles qui n'étaient pas urgentes.

et je les ai toutes faites, peu à peu. j'ai même mangé un vrai repas: porc grillé, champignons et haricots verts (en boîte bien sûr mais bon). avec des trucs bons à manger dedans (herbes, échalottes, graines de sésame). mieux encore, j'ai tout fait en fonction de la série que je voulais regarder à la télé (inspecteur lewis sur la trois). et j'ai réussi à me débrouiller pour manger devant le film, et faire la vaisselle ensuite. grâce à ma super cuisine américaine, désormais, c'est possible, et ça me change la vie.

en fait, de ma liste, je n'ai rien fait de ce qui n'était pas urgent, mais j'ai fait tout ce que j'avais à faire, et sans que ça me paraisse insurmontable ou vraiment trop pénible.

le linge m'a gonflé, mais vraiment, ça allait. j'y suis allée tout doucement.

je remarque que je fais de plus en plus les choses comme ça, comme pour essayer de leur trouver un intérêt (et dieu sait si c'est pas facile de trouver un intérêt à étendre et plier du linge...), et l'asso dans laquelle je bosse me permet de le faire, de sorte que je ne casse pas le rythme entre la maison et le boulot (même si je suis quand même obligée de l'accélérer un peu pour le boulot).

le soir, je suis allée me coucher pépère, je ne me suis pas obligée à faire ci ou ça (notamment à écrire à Quantique alors que j'en avais envie, je sentais que je ne saurais pas m'en extirper avant plusieurs heures, et ce n'était pas le moment). je me suis endormie assez bien.

dommage que j'aie passé une mauvaise nuit. et que j'aie commencé la journée du lundi de façon assez pourrie. mais c'est pas grave, là encore, j'ai réussi à prendre tout ça avec philosophie et à faire en sorte que ça ne tourne pas au drame. et là, maintenant que je l'écris, je m'aperçois qu'il y a quelques années, j'aurais enchaîné les gaffes les unes avec les autres, et tout aurait pris une tournure difficile.

vraiment, les fleurs de bach, je ne le dirai jamais assez, ça me change la vie. ça ne suffit pas à soi seul, mais sans elles, c'est sûr, je ne m'en sortirais pas aussi bien. elles ont réellement su calmer le "trop sensible", l'insupportable du sensible, de sorte que je parviens à encaisser des choses qui sont anodines pour n'importe qui, mais qui étaient vraiment trop dures pour moi.
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Publié dans Quotidien

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