quine!

Publié le par Grain de sail

sinon ben malgré cette nuit et celle d'avant (ou plutôt celle d'encore avant), j'ai passé une bonne journée hier.
avec cette réserve habituelle que j'étais pas vraiment présente.

je suis partie bosser, et alw ne m'a pas énervée. il m'a raconté comment il s'énervait avec ses nouveaux collègues (car il a trouvé du boulot lui aussi), et c'était extraordinaire car j'ai compris rétrospectivement que je n'y étais presque pour rien si nous avions eu des tensions, et qu'il ne se rendait vraiment pas compte de ses attitudes (même quand on le lui disait gentiment). mieux encore, je ne me suis pas trompée: il est capable de se remettre en question, et ce qui lui manque, ce sont des repères, et qui lui  expliquent autre chose que des trucs de psychologie technique (ce que fait un peu trop son psy à mon avis).
ce qui est incroyable, c'est qu'il m'a fait lire des emails qu'il a envoyés pour dire qu'il n'était pas content, m'a raconté la réaction de sa collègue (que j'ai trouvée particulièrement mesurée et patiente, quelqu'un que j'aimerais bien rencontrer un jour car on n'en voit pas tous les jours des gens compréhensifs comme ça, mais qui savent quand même remettre les choses àleur place)il ne comprenait pas qu'elle lui ait dit que "ça n'allait pas pouvoir continuer ce genre d'attitude avec elle". quand j'ai lu son email,  j'étais médusée. il ne voit effectivement pas du tout à quel point il est méprisant, ironique et intrusif. il a l'impression de faire attention, de nuancer ses propos. moi, je me vois quelques années en arrière, de sorte que j'arrive à dire les choses avec une certaine bienveillance.
mais ce qui est incroyable, c'est que j'ai pu lui dire tout ce que je m'étais retenue de dire pour ne pas envenimer les choses entre nous. exactement ça. car les tensions qu'il a générées avec sa nouvelle collègue sont du même genre que celles qu'il y avait entre nous (même si techniquement, les problèmes n'étaient pas les mêmes). je lui ai montré toutes les phrases qui pouvaient vexer,, car on a cherché des substituts à ce qu'il avait écrites, et surtout celles pour lesquelles tout dépend du contexte. je vois bien qu'il ne saisit pas la nuance entre "j'ai ce problème, serait-il possible de...?", "vous pouvez faire ça pour faire avancer telle chose", "merci de faire ça pour faire avancer telle chose", "ce pourrait être bien de faire ça pour avancer telle chose" ou "telle chose me pose problème pour telle raison" alors qu'elles sont importantes ces nuances, et sachant que lui il en est encore à "ce serait pas du luxe de faire telle chose", et qu'il ne comprend pas que c'est méprisant, comme phrase. après, la formulation va dépendre du contexte, et sorties de leur contexte d'ailleurs, il est difficile de dire si elles sont déplacées ou non.
moi, j'étais édifiée qu'il ne perçoive pas certaines choses, alors qu'il a huit ans d'analyse derrière lui.
je comprends qu'on puisse manquer de repères, j'ai du mal à saisir qu'un travail assidu de longue haleine ne lui ait pas fait prendre conscience de ce genre de choses. ah ça, pour dire des autres qu'ils éprouvent de la jouissance à se comporter de telle façon (parfois anondine je trouve), il est fort, mais pour se rendre compte qu'il est dans le mépris, y a plus personne..
je m'agace un peu parce que quand même, il m'a beaucoup malmenée. ceci dit, je ne regrette pas du tout d'avoir pris sur moi (juste ce qu'il fallait, et pas trop), je ne regrette pas non plus de n'avoir jamais "cassé" les choses, et d'avoir continué à lui faire confiance (tout en prenant quand même mes distances).
cela ne m'a pas réconciliée assez pour avoir envie d'aller au resto avec lui, mais ça fait du bien quand même, et surtout, ça laisse entrevoir un peu d'espoir.

alors qu'on était en train d'étudier un dossier (parce qu'en plus je lui ai expliqué des choses purement techniques), jd a téléphoné. d'habitude je ne réponds pas au téléphone quand je bosse, mais là, j'ai pas pu résister. je n'ai pas pu parler avec lui bien sûr, mais j'avais tellement envie de l'entendre et de savoir ce qu'il voulait me dire. je m'en doutais bien sûr. il était disponible pour me voir, et moi je ne l'étais pas. je ne saurai pas s'il était dispo le soir aussi. moi j'avais prévu d'aller au resto avec lj.
je me suis rendu compte que j'étais profondément troublée après ça, pendant de longues minutes. je ne pouvais plus me concentrer, je ne trouvais plus mes mots, c'était très difficile. au bout d'un moment j'ai cessé de lutter, je me suis laissée souffler quelques secondes, et ça m'a aidée.

puis mon patron est arrivé, on a discuté, passé quelques coups de fil, et appris que mon contrat était avalisé et que je pouvais donc commencer lundi à travailler (j'ai pas compris pourquoi pas avant mais bon). là, j'avoue que j'étais super contente.

après être sortie du travail, et avant de retrouver lj, je n'ai pas résisté, et j'ai rappelé jd. pour lui dire que j'étais terriblement frustrée! il m'a prévenue qu'il n'avait plus de batterie et que ça risquait de couper, il a eu le temps de m'apprendre qu'il avait trouvé du travail, qu'il commençait lundi, même s'il n'a pas l'air d'apprécier ce nouveau travail. je lui ai demandé s'il allait mieux, il m'a dit que oui, mais avec une moue claire, qui montre qu'il n'est quand même pas encore bien. au bout de trois ou quatre minutes, en effet, ça a coupé, et je suis contente qu'il m'ait prévenue car je l'aurais très mal vécu, et c'est ça aussi que j'aime chez lui, et je ne comprends pas pourquoi il ne le fait pas pour tout (genre quand il décide de rester avec sa compagne par exemple...). alors j'ai rappelé pour lui laisser un message: lui dire que j'étais contente qu'il ait trouvé du boulot, puis que j'étais disponible aujourd'hui et demain. et c'est terrible parce que du coup, j'attends qu'il rappelle.
c'est incroyable ce que j'éprouve pour ce mec: quand je l'ai au téléphone je tremble de partout, même quand je crois ne plus avoir de désir, le simple fait de l'entendre le fait renaître, et fortement. bref, je suis en manque. je ne croyais vraiment pas que ça reviendrait si fort et si facilement. surtout si facilement.

du coup ça devient difficile de continuer à envisager les choses comme s'il n'existait pas, moi qui était si contente d'y être parvenue...
mais je vais continuer à essayer.  en tout cas, je suis contente qu'il ait rappelé. c'était dur, ce silence.

après ça, je suis allée rejoindre lj à la terrasse d'un café. on a bavardé, je l'ai bassiné avec mes envies de maternité et mes doutes. là, d'ailleurs, je redeviens en période de doute, et je vais attendre un peu avant d'écrire à l'homo blogueur que je connais un peu (très peu en fait, mais j'ai confiance en lui). je me suis rendu compte que je ne lui en avais pas vraiment parlé jusqu'à présent. en fait, je suis sûre que si, je lui en ai un peu parlé puisque je me rappelle m'être retenue d'aller trop loin, mais il ne s'en souvient pas ou n'y a peut-être pas attaché beaucoup d'importance: il faut dire d'une part que je suis très bavarde (pour le cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte), et d'autre part je ne suis pas sûre qu'il m'écoute beaucoup; après tout, c'est lui qui me disait que j'étais "surtout dans le discours" quand je lui  expliquais que j'avais tout le temps envie de mourir. j'imagine que quand je lui ai parlé de maternité, il a encore pensé qu'il s'agissait d'une lubie, comme à l'époque où j'avais envie de me foutre en l'air au quotidien.

il doit même peut-être penser que je suis un peu maniaco dépressive? moi-même parfois je doute. pourtant, tous les psy que j'ai vu s'accordent à dire que je ne le suis pas.

bref. au resto, j'étais déçue: ils ont énormément augmenté leurs prix, mais la qualité n'a pas du tout suivi, (ni la qualité des produits, ni la qualité du service, qui ne sont pas mauvais pour autant),  je pense que j'y retournerai moins volontiers.

ensuite je suis rentrée par le bus, en bavardant avec le chauffeur, qui ne vit ici que depuis deux ans, et se surprend de nos habitudes. c'est toujours intéressant les regards extérieurs, je trouve.


pendant tout ce temps, j'avais laissé le chien seul, enfermé dans la maison, pour la première fois aussi longtemps que la journée entière, soit quasiment neuf heures tout seul comme un grand. je m'attendais à trouver la poubelle en vrac, et j'avais protégé l'essentiel.
il a été super sage! aucun problème, aucune bêtise, rien du tout! et même quand je suis rentrée, il n'était même pas derrière la porte, je présume qu'il comatait sur le lit, pépère, et il a bien raison.

je suis donc partie de 13h30 à un peu avant 22h30, et il a pas bronché, il avait pas l'air malheureux, et il avait d'ailleurs l'air un peu moins nerveux que quand je le laisse dehors.

et puis j'ai vu mon voisin que j'aime bien et ça m'a fait plaisir.

bref, si je devqais résumer, je dirais "quine" !

le collègue, le contrat de travail, l'ex futur ex amant, le chien, y a que le resto qui était pas terrible! "ya plus qu'à" ce que je me sente plus présente, car ça, décidément, ça marche toujours pas...
Publicité

Publié dans Quotidien

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
ma psy dirait que le fait que tu puisses dire que tu n'es pas présente à ce que tu fais que tu y es donc bien, puisque tu es capable de le dire dans le même temps que tu le vis. :)<br /> <br /> quine! donc, super pour le boulot! je penserai à toi lundi! la bise à boule hein, ce jour-là et tu sais où, hein! allez, je suis bien contente de voir que la vie s'enclenche pour toi comme il faut! les fleurs, quel progrès hein!<br /> <br /> tiens, je te ferai presque une bise d'encouragement, mais j'en fais déjà une à boule, je voudrais pas qu'il soit jaloux... :)
Répondre
G
<br /> oui bien sûr qu'on est là... à 1%, mais on est là!<br /> <br /> <br />