9h20, gare de Massy-palaiseau, lundi 19 janvier.

Publié le par Grain de sail


Si ça a marché, il aura été conçu dans la chambre 107 de l'hôtel (xyz) de (xyz) (je censure un peu au cas où hein, on sait jamais, je dis trop de choses indiscrètes pour prendre des risques).
Soit le samedi 17 janvier 2009 environ une demie-heure après 17h53, ou bien le dimanche 18 janvier aux alentours de 13 heures.

Au cours de ce week-end, le père de l'enfant aura été très accueillant: je pensais être plutôt livrée à moi-même, mais finalement, j'ai passé le week-end entier avec lui. Je me demande même si je n'ai pas été trop présente, mais je ne me rends pas compte de ces choses là, je ne sais pas bien les doser car j'ai du mal à interpréter les signes extérieurs des autres sur ce sujet.
Il y avait parfois des blancs quand nous conversions (très rarement à vrai dire mais ça m'a marqué), et j'avoue que je n'ai jamais su si je l'ennuyais ou pas. Je sais juste que par moments, il ne s'ennuyait pas, et il avait même l'air plutôt content de nos échanges, mais je ne l'ai ressenti qu'à trois ou quatre reprises seulement. Cela a suffi à me rassurer, et à imaginer que le reste du temps, c'était à peu près supportable voire agréable par moments. Je crois même que plus nous passions de temps ensemble, plus les choses étaient « tranquilles ».
Il y a bien des questions purement techniques (scientifiques etc), que je n'ai pas osé lui poser, alors que je le sais connaisseur de bien des choses. Je n'ai pas encore l'esprit suffisamment ouvert et large pour poser les bonnes questions au bon moment, et encore trop « envahie psychiquement » de divers tourments de toute nature, ainsi que complexée/mésinformée pour aborder des sujets généraux dont je suis pourtant souvent curieuse.
Et puis je le considère comme un puits de sciences (même s'il réfuterait sans doute cela), et j'ai toujours des scrupules à « exploiter » un puits de sciences, car j'ai toujours peur d'agacer avec mes difficultés à comprendre et à me concentrer.
Et puis je sais aussi que je suis aussi douée pour poser des questions pertinentes que des questions réellement stupides (dont j'aurais eu la réponse si j'avais réfléchi correctement), ce qui ne manque pas de déstabiliser mes interlocuteurs me faisant passer complètement pour ce que je ne suis qu'à moitié (stupide).

Mais peu importe tout cela, ce qui compte avant tout, c'est que nous avons pu parler de l'enfant d'une façon qui m'a plu. J'ignore si cela va durer, mais pour l'instant, nous sommes apparemment vraiment sur la même longueur d'onde. Je crois qu'il n'imagine pas à quel point je suis heureuse qu'il ait envie de « transmettre » de lui. Je l'ai compris lorsqu'il a parlé d'héritage.
Je suis bien placée pour savoir que l'intérêt essentiel d'un héritage, ce n'est pas le matériel mais le symbolique (même si, évidemment, le matériel peut dans certains cas jouer une place prépondérante). Je connais la charge émotionnelle que cela peut avoir, la curiosité que cela peut susciter, et le bien-être que cela peut apporter lorsque les histoires sont claires, simples, « lisibles ».
A la limite, peu en importe le contenu, ce qui compte, c'est la volonté de transmettre l'ensemble, sans complexe, avec spontanéité, et il est exactement dans cet esprit là, ce qui m'émeut au point de m'en faire monter les larmes aux yeux au moment où j'écris ces lignes.
Et puis la chance de cet enfant (et donc la mienne), c'est d'avoir un père ouvert à plein de choses, en particulier la musique et l'écriture, mais tant d'autres encore. Le seul « hic », c'est que pour bien profiter de tout cela, il faudrait que l'enfant vive avec lui, ou bien le voie très souvent, ce qui sera peu probable.
Car bien sûr et malheureusement, tout le potentiel que le père a su développer, je n'ai pas su le développer moi, et je ne crois pas que je saurai le faire (ou le faire suffisamment tôt) pour en faire profiter l'enfant. De toute façon, les choses sont claires: je suis trop vieille pour développer certains talents, et surtout pour y être à l'aise.
Mais je me dis que si le père n'existait pas, l'enfant n'aurait eu droit à rien de tout ça (c'est à dire même pas de façon intermittente), alors c'est déjà beaucoup, et même, je veux bien prendre ma part de mérite à l'avoir « choisi », en quelques sortes...

Bon, il reste encore bien des choses à faire, à affronter, mais chaque chose en son temps.

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Publié dans Procréation

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