Dans le train, vers 11h21, lundi 19.

Publié le par Grain de sail



Je ne sais pas trop quoi ajouter à ce qui précède.
Il y en a à la fois tant et si peu.

En dehors du fait que je suis très heureuse de l'investissement du père (qui, je l'espère ne va pas se tarir), je suis très heureuse de sa façon de vivre de ses idées (même si je ne les partage pas toutes); il y a quand même de nombreux points essentiels.
Evidemment, quand j'ai décidé de lui demander s'il serait d'accord pour être le papa d'un enfant conçu de façon « artificielle », c'était parce que je l'appréciais beaucoup, et j'avais idée que si lui ne souhaitait pas être donneur, il saurait me recommander une personne « bien ».
Ce qui me fait plaisir beaucoup également (en dehors du fait que c'est un type bien avec qui je partage beaucoup d'idées et de façon de voir les choses), c'est qu'il n'y aura pas de problème de désir se*xuel. C'est que j'ai peur de mes propres désirs (souvent stimulé par les circonstances extérieures du type le mec est pas complètement inaccessible mais l'est quand même un peu), et j'ai souvent peur du désir des hommes également. Ce n'est donc pas par hasard que je me suis tournée vers un homosexuel.
Or je sais qu'au tout début de son blogue il avait signalé qu'il avait vécu avec une femme, ce qui laissait une éventuelle possibilité (bien que très peu probable). De mon côté, je ne crois pas avoir éprouvé de désir se*xuel à son égard, malgré toute l'admiration que j'ai pour lui, et tout le plaisir que je peux éprouver à le lire, et surtout à souscrire à des idées que je suis incapable d'exprimer ni de justifier. Il a un talent incroyable de narration et de justification de ce qu'il avance. Ce sont des qualités que j'aime particulièrement, en plus de son ouverture d'esprit à la discussion et même s'il est très exigeant sur les arguments « recevables ».
Pour autant, et malgré ce qu'il avait écrit, je l'avais toujours considéré comme homose*xuel et non comme bise*xuel puisque je ne l'ai jamais imaginé se sentir bien avec une femme. À plusieurs reprises je lui ai posé des questions sur le sujet, et il m'a confirmé qu'il n'avait aucun attrait se*xuel pour la gente féminine même s'il était parfaitement capable de les apprécier, et d'avoir des rapports avec elles: comme il dit, chez les hommes, le désir est généralement très mécanique.
Au cours de la conversation, il m'a donné un argument supplémentaire particulièrement évocateur: même en tant qu'homo, il préfère les films por*no hétéro, probablement parce qu'il s'identifie aux femmes, ce qui me paraît particulièrement révélateur. Je vais même aller plus loin: même si ça ne me regarde pas (ah l'inquisitrice! C'est vraiment plus fort que moi :-/), je trouve que ça lui apporte un charme supplémentaire non négligeable, je trouve que c'est « mignon » d'être capable de sentir ça et surtout, de le reconnaître et l'assumer. Ça le rend attendrissant. Oh, je ne me fais pas une idée de saint hein, quelque chose me dit qu'il aime beaucoup les « vilaines » choses se*xuelles, ce que je trouve très bien aussi :-) 
(vilaines mais pas malsaines du moins je n'en ai pas eu l'impression ou en tout cas ce n'est etppas malsain à mes yeux à moi; ben oui quoi, côté se*xe, plus c'est vilain, plus c'est bien, que de paradoxes! la religion n'y serait pas pour quelque chose des fois...?)

Ainsi donc je suis rassurée, pour le cas où du désir naitrait de ma part, j'ai déjà la réponse, c'est non. Et surtout j'ai l'assurance de ce qu'il n'aura aucun désir se*xuel pour moi, ce qui me rassure immensément. (ça fait prétentieux mais j'assume). Car un doute aurait pu modifier les relations, en rendre le contenu plus compliqué, plus incertain, plus fragile de mon côté car je suis toujours très mal à l'aise avec le désir en général (quand il est couplé à la relation), malgré les progrès phénoménaux que j'ai fait en la matière. Là les choses sont claires, nous sommes en relation pour l'enfant, sans doute aussi parce que nous nous apprécions (en tout cas de mon côté c'est une certitude), et le seul risque qui existe, c'est que je lui accorde sur un plan affectif davantage d'importance que ce qui lui convient.
Cela peut avoir deux conséquences différentes, mais il me semble que c'est un risque restreint en tout état de cause: d'une part je le crois assez fin et aimable pour me faire comprendre clairement et gentiment si je devenais trop envahissante, d'autre part, si je manquais de signes de reconnaissance de sa part (ça me ferait certainement plaisir qu'il m'aime bien, ou qu'il éprouve une certaine affection pour moi), je crois que je saurais facilement me rappeler les circonstances dans lesquelles nous sommes en relation qui n'implique pas nécessairement ce genre de sentiments (en principe réservés à ceux avec qui on vit).
J'espère en fait que nous créerons une sorte d'amitié, au delà du lien qui nous retient à l'origine (celui de la parentalité), et il semblerait que ce soit le chemin que nous prenons, même si je n'ai pas idée de ses émotions à lui, qu'il dissimule à merveille mais très probablement pas volontairement (ben oui, ça reste un mec hein).
C'est sans doute aussi bien comme ça d'ailleurs car je me sais inquisitrice à mon corps défendant, même si je n'ai pas de mauvaises intentions. Après tout, ma mère est la championne des inquisitrices sans mauvaises intentions, et je suis bien placée pour savoir le mal que ça peut faire ou la gêne que ça peut occasionner (même si nous ne sommes pas dans le même cadre puisque je ne suis ni sa mère ni sa fille ni sa compagne, et que donc cela n'aurait sûrement pas le même effet dévastateur).

Bref, je trouve que pour cette aventure pour l'instant, nous avons beaucoup de chance, et je suis très très heureuse de pouvoir dire désormais qu'il ne s'agit pas de « mon » projet mais de « notre » projet.

D'ailleurs, si j'ai toujours autant de désir pour jd, je sais que j'essaierai de faire en sorte qu'il n'y ait pas de risque que je tombe enceinte de lui, même si je n'ai pas l'intention de me priver, si le désir s'en fait sentir, de m'envoyer en l'air avec lui. Car soyons clairs: au moment de l'insémination, lorsque j'ai fantasmé la « scène primitive » comme l'appellent les psy, c'était jd qui était là.
Pas seulement lui, mais essentiellement lui.
Je crois qu'il en serait très heureux d'ailleurs, et que son orgueil en serait satisfait. Qui plus est, il en a grand besoin en ce moment, car je crois que son orgueil, précisément, en prend plein la gueule depuis deux mois (son nouveau boulot en fait). Il ne me l'a jamais dit, mais je l'ai bien senti grâce à quelques mots et quelques détails, et je suis à peu près sûre de ne pas me tromper. Mais bon, jd, c'est un autre problème, et je n'ai pas de « projets » par rapport à lui. J'ai juste celui que, du fait que désormais j'ai un projet bien défini et qui me prendra beaucoup de temps s'il fonctionne, beaucoup de temps et beaucoup d'esprit d'ailleurs, il se peut que je puisse enfin le conserver comme amant, sans que ça me perturbe de trop. Ce serait même sans doute une bonne chose,  d'abord parce que c'est quand même pas tous les jours qu'on rencontre quelqu'un avec qui on adore bai*ser et que ce soit réciproque (surtout moi mais j'ai ouÏ dire que c'était un peu tout le monde pareil), ensuite car il est un fait que j'ai besoin d'affection de toute façon, et qu'il ne faudrait pas trop que je « pourrisse » le côté « parental » avec ce trop plein.

Il me semble que j'avais encore d'autres choses à exprimer, mais je ne sais plus lesquelles. J'hésite à donner l'adresse de ce blogue à pdfa, j'hésite même à publier tout ça car au fond, Chaos sait de qui il s'agit et même si j'ai une totale confiance en sa discrétion, tout cela est très intime!

[edit: je lui ai demandé son autorisation, et il me l'a accordée, d'où la censure des noms de l'hôtel et de la commune dans laquelle il vit, même s'il ne m'a pas demandé cette discrétion]
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Publié dans Procréation

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