toujours aussi désireux, toujours aussi incompatibles

Publié le par Grain de sail

bon et puis surtout hier, j'ai appelé jd vers midi.
je voulais avoir de ses nouvelles, et comme je ne suis plus en lien intime avec lui (jusqu'à quand?), c'est plus facile pour moi de communiquer.
il n'a pas répondu, j'ai donc laissé un message gentil lui disant que je voulais juste prendre de ses nouvelles. puis j'ai rappelé vers 15h, il a répondu et on est restés presqu'une heure au téléphone.

une heure au cours de laquelle il a dit des choses qu'il a du mal à exprimer habituellement, puis dans un second temps, il a repris du poil de la bête.
je lui ai demandé comment il se sentait; il a fallu que je pose quelques fois des questions mais globalement il a dit des choses qu'il n'a pas l'habitude d'exprimer. il m'a dit qu'il allait mal, qu'il était malheureux, qu'il s'enfonçait de plus en plus dans son trou, refermait complètement sa coquille, n'avait pas envie de sortir (et avait eu une bonne excuse la semaine précédente puisqu'il avait chopé la grippe), se forçait à le faire mais sans plaisir ("bien obligé"), que sur le plan relationnel les choses se passaient mal, qu'il subissait tout et n'était absolument plus acteur de sa vie. qu'il ne savait plus quoi faire pour essayer d'aller mieux, que de toute façon il n'avait envie de rien, mais alors de rien du tout.
ce qui est drôle, c'est qu'au début il m'a dit "ça va mieux". ça me fait sourire car je dis toujours ça moi aussi depuis des années. et ce qui l'est moins, c'est qu'il a dit qu'il prenait des cachets (je n'ai pas réussi à savoir lesquels) et je ne sais plus ce qu'il a glissé plus ou moins en plaisantant, mais ça revenait au fait que si ça allait trop mal il pourrait toujours les prendre tous d'un coup. et je sais ce que ça veut dire ce genre de plaisanterie.
il a même parlé d'aller voir un psy, puis il a ajouté que de toute façon ça servirait strictement à rien parce que c'est des "conneries ces trucs là", mais que s'il avait pas le choix, il irait. je lui ai répondu que ça servait à rien d'y aller s'il était convaincu que ça ne ferait rien du tout.
puis il m'a demandé de mes nouvelles, et là, ça n'a pas duré longtemps. je lui ai dit que j'allais mieux (ahah sauf que moi c'est pour de vrai), puis étrangement il m'a demandé à un moment si j'avais encore grossi (puisque je me plains beaucoup de ça), puis il m'a sorti les litanies habituelles, que j'avais qu'à faire du sport, ce à quoi j'ai répondu que j'en faisais déjà puisque je nageais. puis il m'a dit "d'autres sports". à son ton, j'ai cru qu'il parlait de q (ce qui n'aurait pas été surprenant), et je n'ai jamais su si c'était le cas où non, puisqu'à partir de là, la conversation a dérapé.
à partir de ce moment, il a essayé de me faire changer d'avis, et notamment, il m'a proposé de passer dans les minutes qui suivaient, ce que j'ai refusé. mais ça a été très dur évidemment. il a beaucoup insisté, et je lui ai fait remarquer que c'était pas la première fois qu'il insistait comme ça, et que ce n'était pas ma conception des relations. que si je n'acceptais pas les choses spontanément c'est parce que je me sentais pas bien dans la relation, et que comme il l'avait fait remarquer lui-même "le monde était mal fait" puisque nous ne sommes pas compatibles de caractère, et que je suis incapable de me détacher de l'un pour pouvoir assurer l'autre (assumer mes désirs).
il m'a fait comprendre que j'étais une emmerdeuse, je lui ai dit que c'était sa façon de voir les choses et qu'il y en avait d'autres, notamment qu'on pouvait inverser la proposition. on est resté sur ce truc qu'on est jamais d'accord.
il m'a dit que quand il irait mieux, il saurait me décider à le voir.
en gros, je lui ai fait remarquer que les amants classiques emmenaient leur maîtresse en week-end, au restau et leur offraient des fleurs à l'occasion, et que quitte à ne pas avoir les avantages de l'épouse, j'aimerais au moins avoir ceux de la maîtresse. que de toute façon tout était mort entre nous puisqu'il n'y avait jamais moyen d'être d'accord.
j'ai aussi reconnu que j'avais quand même toujours du désir pour lui, mais que mon corps le refusait désormais, d'où nos dernières relations plutôt ratées (même si ce n'était pas dû qu' à ça). lui n'était pas d'accord avec ça, et considérait que nos dernières relations étaient très bien et à même ajouté à quoi il l'avait reconnu. je lui ai dit qu'en tout état de cause, je ne me lâchais plus au lit avec lui comme j'aimais me lâcher, et que ça, ça ne reviendrait pas puisque plus ça va, et plus je suis crispée.
qu'il faudrait qu'on se voit au moins plusieurs fois de suite dans un laps de temps réduit pour que j'arrive à retrouver les choses, mais que de toute façon je ne voulais plus prendre le risque de me faire mal en le voyant, et que donc, je ne voulais pas qu'il passe.
il m'a sorti la phrase qui tue: "tu nous prives d'un grand moment de plaisir".
et j'ai répondu que oui, mais que ça m'épargnait trois semaines de mal-être, et que ça valait bien quelques heures de plaisir. puis il a dit qu'il m'arrivait d'oublier ce mal-être, effectivement lui-ai je répondu, car sinon, nous ne nous serions pas revus depuis 2007! j'ai même ajouté qu'en effet, il y avait une faille là, c'est que je finissais toujours par oublier, mais que pour l'instant, je l'avais bien en mémoire.
en fait, c'est pas qu'il s'en cogne que j'aille mal ou non après, c'est que selon lui, c'est pas normal, et que donc, à force d'essayer, ça va s'arrêter. comme si on guérissait quelque chose à force de le travailler. enfin il ne l'a jamais dit textuellement, mais c'est ce que j'ai compris, et je suis à peu près sûre que c'est ce qu'il pense.

il y a quelques trucs qui m'ont surpris dans cette conversation. d'abord, il croit savoir reconnaître que ça me plaît ou non, nos rapports, à des choses bien précises (comme mes regards par exemple). d'un côté ça fait plaisir, ça veut dire qu'il est attentif. d'un autre, il y a bien d'autres choses qui entrent en ligne de compte et dont il ne tient pas compte, mais j'ai pas essayé de les énumérer.
ensuite, à un moment, il a dit en plaisantant que je devrais le payer pour qu'il vienne et qu'on ait des parties de jambes en l'air. il a même été jusqu'à donner un prix, 80€. là, j'étais sidérée, et je lui ai dis que ce devrait être l'inverse étant donné les circonstances (c'est moi qui en bave après, à chaque fois qu'il vient). j'en ai profité pour m'écrier "quoi? mais tu vaux sûrement pas 80€!!" en le taquinant... pour finir en disant qu'il valait beaucoup plus que ça.
à un moment aussi, il a dit que de toute façon il était un pervers: j'ai pas su si c'était en référence à quelques unes de nos conversations (qui font référence à l'époque où il venait me chercher et me laissait entendre juste ce qu'il fallait pour que je reste à sa disposition); je n'ai pas nié, et je n'ai pas enfoncé le clou non plus.
puis après lui avoir expliqué pour la Nième fois que je ne pouvais plus détacher le q des sentiments pour ce qui le concernait, il a affirmé que je n'avais jamais su le faire. je lui ai dit que pourtant, à son égard, au tout début, j'avais eu le sentiment de le faire, il m'a dit qu'il n'y croyait pas. là, j'avoue que je sais pas s'il a raison ou tort, j'ai juste dit qu'en tout cas mon impression était celle-là, et que c'était une impression forte.
puis je lui ai demandé s'il savait le faire, lui, séparer le q des sentiments de façon générale, il m'a dit que ça dépendait - des moments ou des personnes? - des moments selon lui.
bref, il a fini en disant que quand il serait en forme, il saurait me décider, et je crois que j'ai ajouté que pourtant, s'il l'était, je n'aurais sans doute pas appelé pour prendre de ses nouvelles.
puis je l'ai embrassé, lui, m'a fait une bise, et nous avons pris congé.

le soir, je lui ai envoyé un email puis un texto, pour lui dire qu'il y avait "pour le pire et pour le meilleur" à la télé, et que si le monde était bien fait, nous le regarderions affalés sur un canapé, heureux et sereins.
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Publié dans Senti-mental

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