perdu de vue
cette nuit, j'ai rêvé de mon cousin (l'épileptique obsessionnel insupportable, c'est-à-dire en pratique le frère de Hyp qui m'a appelée dimanche) et serge, un ex de ma copine El. nous étions de la même famille nommée "locki". on partait se promener à la plage, on avait une sorte de van. serge s'isolait parce qu'il était triste, et je ne savais pas pourquoi. j'ai réalisé après que c'est parce qu'il avait des souvenirs de El sur cette plage.
puis je partais à pied mon cousin, je laissais mon porte monnaie mon portable et mon chéquier (sans doute) à un endroit où je savais qu'on pourrait me le piquer, mais je prenais le risque, car je ne voulais pas m'en encombrer, et j'étais sûre que c'était pire si je laissais les affaires dans la voiture plutôt que dehors, recouvertes d'un habit quelconque (j'en ai malheureusement fait la cuisante expérience quand j'avais 18 ans).
on marchait assez longtemps, en longeant la plage, et je recroisais tous les gens qu'on avait connus, plus jeunes, mais je faisais comme si je ne les connaissais pas parce que j'étais convaincue qu'ils avaient oublié mon existence, et s'ils ne l'avaient pas fait, c'était tout comme: ils s'en fichaient de moi. moi-même je les reconnaissais tout juste.
puis on bifurquait légèrement pour s'enfoncer dans les terres ou plutôt dans les villages secs de pierre. et là, on se perdait.
du coup, comme je ne le retrouvais pas du tout et que je n'étais pas à l'aise avec les gens (que je ne connaissais pas du tout cette fois) qui trainaient là, j'étais obligée de m'arrêter sur le chemin du retour pour demander s'ils n'avaient pas vu passer mon cousin et là j'étais gênée, car je me rendais compte qu'ils se rappelaient très bien de moi, m'appelaient par mon prénom (le vrai que j'ai en vrai), et du coup s'étonnaient que je ne les aie pas salués quand j'étais passée à l'aller. je savais plus trop quelle attitude adopter, et je choisissais de ne pas dire bonjour aux autres malgré tout (car en fait il y avait plusieurs groupes): je n'étais toujours pas convaincue que j'avais compté pour eux et que j'avais réellement fait partie de leur vie à un moment. en même temps, je prenais conscience que c'était un moyen d'en sortir, de leurs vies. et j'étais très mal à l'aise avec ça.
je ne me rappelle pas si je retrouvais mon cousin ou pas. je me vois en train de me faire remonter les bretelles (très gentiment) par une fille que j'avais pas vue depuis très longtemps, et qui me reprochait de ne pas avoir emporter un objet que je lui avais pourtant promis. effectivement, j'ai complètement oublié de le lui apporter, j'ai pas fait la relation entre le fait que j'allais la voir et le fait d'apporter l'objet. j'étais très gênée car effectivement je le lui avais proposé, et elle y tenait, alors que moi, ça m'était passé complètement au dessus de la tête. je ne sais plus ce que c'était, mais c'était un truc qu'on trouvait pas si facilement que ça, et qui avait un certain prix. je dirais que c'était une combinaison, ou un truc comme ça.
et puis je me vois en train d'échanger des fichiers avec un mec.
dans tout le rêve je me sens mal à l'aise en tout cas. mais ça, c'est normal, c'est dans tous mes rêves, d'une façon ou d'une autre.
je ne crois pas avoir jamais fait de rêves où je me sens détendue, heureuse, zen, où tout est en harmonie, etc. ça n'existe pas, ça ne fait pas partie de ma vie.
le seul truc qui me fait penser que j'ai pu rêver de mon cousin épileptique, et que je le perdais de vue, c'est que je discutais avec le psy, du fait que j'avais envie de coller des gifles à tous ceux qui, par le passé, ne m'avaient pas cru ou avait "négligé" le fait que j'allais mal.
je pense à Etlou et LJ en particulier, à qui j'ai "avoué" mon mal-être et sa profondeur. je disais au psy que je comprenais pourquoi je ne voulais vraiment pas rappeler Etlou, qui est pourtant un ami qui m'est très cher, et que j'aime profondément.
je n'ai toujours pas digéré le fait qu'il me balance à la figure qu'il ne croyait pas qu'on puisse avoir envie de mourir, en tout cas pas moi, ni le fait qu'il n'ait pas supporté mes sortes de "caprices" (qui n'en étaient pas), alors même que je ne cessais de m'en excuser, de lui dire que j'en étais désolée, et de lui proposer des solutions de rechange (qui ne lui convenaient pas précisément parce qu'elles étaient motivées par des choses irrationnelles), mais que je ne pouvais pas faire autrement car j'étais trop mal, et que, précisément, ce n'étaient pas des caprices. je me rappelle pourtant lui avoir dit que je préférais ne pas venir en vacances, parce que j'avais peur que ça se passe mal, parce que c'était dur pour moi.
je n'oublierai jamais le jour où il m'a dit qu'il ne me croyait pas de toute façon, quand je lui disais que j'avais envie de mourir, que je savais que je ne le ferais pas, mais que j'en avais terriblement envie.
LJ, même chose. j'ai envie de lui coller des gifles pour m'avoir dit, à table il n'y a pas si longtemps encore, alors que je m'efforçais de lui expliquer le cheminement du mal-être, sa profondeur, ses conséquences au quotidien, que j'étais "dans le discours", que tout ça c'était du "discours", et qu'il ne fallait pas "exagérer".
j'ai dit tout ça au psy en lui demandant: mais comment j'ai fait pour supporter ça?
il m'a répondu: je ne sais pas, mais en effet, c'est insupportable.
ça revient sans arrêt ça, et mieux je vais, plus je suis en progrès, plus ça me paraît violent rétrospectivement. parce que bizarrement, mieux je vais, et plus je comprends à quel point j'allais mal. disons pour être exacte que mieux je vais, plus je me sens "légitime" à dire à quel point j'étais mal. c'est-à-dire qu'avant, j'avais pas vraiment de repères, puisque j'avais toujours été mal. je ne pouvais donc pas dire si c'était normal ou pas. que maintenant que je me sens moins mal, justement, je sais à quel point je l'étais.
et mieux je vais, et plus je m'aperçois à quel point c'est violent de ne pas être entendu, et à quel point j'ai été violentée. car j'en parlais peu, de mon mal-être, je n'osais pas l'étaler trop. je n'osais pas l'étaler du tout d'ailleurs. je n'en parlais qu'aux personnes de confiance, qui, pourtant, ne me croyaient pas. c'est fou quand on est mal, à quel point on s'en plaint peu, par rapport à ce qu'on ressent. on a l'impression que c'est pas possible d'être mal tout le temps, et si profondément.
pourtant si, c'est possible.
et je ne suis pas encore sortie de tout ça, loin s'en faut.
puis je partais à pied mon cousin, je laissais mon porte monnaie mon portable et mon chéquier (sans doute) à un endroit où je savais qu'on pourrait me le piquer, mais je prenais le risque, car je ne voulais pas m'en encombrer, et j'étais sûre que c'était pire si je laissais les affaires dans la voiture plutôt que dehors, recouvertes d'un habit quelconque (j'en ai malheureusement fait la cuisante expérience quand j'avais 18 ans).
on marchait assez longtemps, en longeant la plage, et je recroisais tous les gens qu'on avait connus, plus jeunes, mais je faisais comme si je ne les connaissais pas parce que j'étais convaincue qu'ils avaient oublié mon existence, et s'ils ne l'avaient pas fait, c'était tout comme: ils s'en fichaient de moi. moi-même je les reconnaissais tout juste.
puis on bifurquait légèrement pour s'enfoncer dans les terres ou plutôt dans les villages secs de pierre. et là, on se perdait.
du coup, comme je ne le retrouvais pas du tout et que je n'étais pas à l'aise avec les gens (que je ne connaissais pas du tout cette fois) qui trainaient là, j'étais obligée de m'arrêter sur le chemin du retour pour demander s'ils n'avaient pas vu passer mon cousin et là j'étais gênée, car je me rendais compte qu'ils se rappelaient très bien de moi, m'appelaient par mon prénom (le vrai que j'ai en vrai), et du coup s'étonnaient que je ne les aie pas salués quand j'étais passée à l'aller. je savais plus trop quelle attitude adopter, et je choisissais de ne pas dire bonjour aux autres malgré tout (car en fait il y avait plusieurs groupes): je n'étais toujours pas convaincue que j'avais compté pour eux et que j'avais réellement fait partie de leur vie à un moment. en même temps, je prenais conscience que c'était un moyen d'en sortir, de leurs vies. et j'étais très mal à l'aise avec ça.
je ne me rappelle pas si je retrouvais mon cousin ou pas. je me vois en train de me faire remonter les bretelles (très gentiment) par une fille que j'avais pas vue depuis très longtemps, et qui me reprochait de ne pas avoir emporter un objet que je lui avais pourtant promis. effectivement, j'ai complètement oublié de le lui apporter, j'ai pas fait la relation entre le fait que j'allais la voir et le fait d'apporter l'objet. j'étais très gênée car effectivement je le lui avais proposé, et elle y tenait, alors que moi, ça m'était passé complètement au dessus de la tête. je ne sais plus ce que c'était, mais c'était un truc qu'on trouvait pas si facilement que ça, et qui avait un certain prix. je dirais que c'était une combinaison, ou un truc comme ça.
et puis je me vois en train d'échanger des fichiers avec un mec.
dans tout le rêve je me sens mal à l'aise en tout cas. mais ça, c'est normal, c'est dans tous mes rêves, d'une façon ou d'une autre.
je ne crois pas avoir jamais fait de rêves où je me sens détendue, heureuse, zen, où tout est en harmonie, etc. ça n'existe pas, ça ne fait pas partie de ma vie.
le seul truc qui me fait penser que j'ai pu rêver de mon cousin épileptique, et que je le perdais de vue, c'est que je discutais avec le psy, du fait que j'avais envie de coller des gifles à tous ceux qui, par le passé, ne m'avaient pas cru ou avait "négligé" le fait que j'allais mal.
je pense à Etlou et LJ en particulier, à qui j'ai "avoué" mon mal-être et sa profondeur. je disais au psy que je comprenais pourquoi je ne voulais vraiment pas rappeler Etlou, qui est pourtant un ami qui m'est très cher, et que j'aime profondément.
je n'ai toujours pas digéré le fait qu'il me balance à la figure qu'il ne croyait pas qu'on puisse avoir envie de mourir, en tout cas pas moi, ni le fait qu'il n'ait pas supporté mes sortes de "caprices" (qui n'en étaient pas), alors même que je ne cessais de m'en excuser, de lui dire que j'en étais désolée, et de lui proposer des solutions de rechange (qui ne lui convenaient pas précisément parce qu'elles étaient motivées par des choses irrationnelles), mais que je ne pouvais pas faire autrement car j'étais trop mal, et que, précisément, ce n'étaient pas des caprices. je me rappelle pourtant lui avoir dit que je préférais ne pas venir en vacances, parce que j'avais peur que ça se passe mal, parce que c'était dur pour moi.
je n'oublierai jamais le jour où il m'a dit qu'il ne me croyait pas de toute façon, quand je lui disais que j'avais envie de mourir, que je savais que je ne le ferais pas, mais que j'en avais terriblement envie.
LJ, même chose. j'ai envie de lui coller des gifles pour m'avoir dit, à table il n'y a pas si longtemps encore, alors que je m'efforçais de lui expliquer le cheminement du mal-être, sa profondeur, ses conséquences au quotidien, que j'étais "dans le discours", que tout ça c'était du "discours", et qu'il ne fallait pas "exagérer".
j'ai dit tout ça au psy en lui demandant: mais comment j'ai fait pour supporter ça?
il m'a répondu: je ne sais pas, mais en effet, c'est insupportable.
ça revient sans arrêt ça, et mieux je vais, plus je suis en progrès, plus ça me paraît violent rétrospectivement. parce que bizarrement, mieux je vais, et plus je comprends à quel point j'allais mal. disons pour être exacte que mieux je vais, plus je me sens "légitime" à dire à quel point j'étais mal. c'est-à-dire qu'avant, j'avais pas vraiment de repères, puisque j'avais toujours été mal. je ne pouvais donc pas dire si c'était normal ou pas. que maintenant que je me sens moins mal, justement, je sais à quel point je l'étais.
et mieux je vais, et plus je m'aperçois à quel point c'est violent de ne pas être entendu, et à quel point j'ai été violentée. car j'en parlais peu, de mon mal-être, je n'osais pas l'étaler trop. je n'osais pas l'étaler du tout d'ailleurs. je n'en parlais qu'aux personnes de confiance, qui, pourtant, ne me croyaient pas. c'est fou quand on est mal, à quel point on s'en plaint peu, par rapport à ce qu'on ressent. on a l'impression que c'est pas possible d'être mal tout le temps, et si profondément.
pourtant si, c'est possible.
et je ne suis pas encore sortie de tout ça, loin s'en faut.
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